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Interview Samuel Le Carpentier

Bonjour Samuel,
Peux-tu te présenter ? Quel est ton parcours ?

Bonjour,

Je m’appelle Samuel Le Carpentier, j’ai 27 ans, je suis issu d’une famille de 5 enfants je suis préparateur physique de formation, spécialiste en réathlétisation et prévention de blessures.  Je suis né à Auxerre, dès mes 2 ans, j’ai déménagé dans le sud, dans le Gard près d’Avignon, puis on a navigué entre la Provence et le Languedoc, pour finir en périphérie d’Avignon. Ensuite, j’ai vécu 8 ans environ à Font-Romeu (66). je suis arrivé au club il y a 1 an et demi, début octobre 2019. Je venais tout juste d’arriver sur Caluire.

Mon parcours : j’ai démarré le foot à 6 ans, à la suite de l’Euro 2000, poussé par deux grands frères qui ont pratiqué dans le passé. J’ai joué dans un club de village du Gard l’US Pujaut près d’Avignon puis au SC Montfavet, au niveau amateur. Arrivé en U15, je souhaitais intégrer le sport étude. Après avoir loupé 2 années de suite les tests pour intégrer la section de l’AJ Auxerre, j’ai réussi à entrer à Font-Romeu, au FC Cerdagne Capcir, dans les Pyrénées-Orientales, où se trouve le centre national d’entraînement en altitude (CREPS de Montpellier) avec une très bonne réputation, un bon niveau de football. J’ai notamment pu jouer en Ligue honneur en u17 et en u19, l’équivalent de R2 aujourd’hui. J’ai pu y obtenir mon bac ES sans problème. J’ai commencé ensuite à me tourner vers les métiers d’éducateur. Dès mes 17 ans j’entraînais déjà les jeunes de mon club. Cela me plaisait beaucoup, rester au bord des lignes du terrain, proche de celui-ci. Quand on comprend qu’on ne va pas tutoyer le haut-niveau, devenir éducateur/entraîneur, c’est un moyen pour moi d’évacuer cette frustration de joueur. J’ai ensuite obtenu une licence STAPS Entraînement sportif. Ensuite, j’ai connu quelques complications avec mon club du FC Cerdagne, pour poursuivre ma formation d’éducateurs, mais je les remercie pour ce qu’ils m’ont apporté au cours de mon aventure là-bas, j’ai énormément appris dans cet environnement, je ne retiens que le positif. De plus j’ai été très déçu de l’état d’esprit malsain qui régnait dans ce district des Pyrénées Orientales. J’ai presque eu envie d’arrêter le football en tant que joueur voire ne pas reprendre en tant qu’éducateur. Entre-temps, mes parents avaient déménagé à Caluire, j’ai donc décidé de les rejoindre et pour m’installer professionnellement afin de découvrir un nouvel environnement. Mais la passion reprend le dessus, je finis par rencontrer les dirigeants du CSC lors de l’assemblée générale et j’ai tout de suite accroché. Je retrouve à Caluire l’esprit familial que j’aime beaucoup, l’esprit que j’ai connu à Avignon, avec quelques licenciés, un niveau amateur, une ambiance conviviale. Le projet du club m’a beaucoup plu. J’ai été agréablement surpris de l’état d’esprit qui régnait dans la région. J’ai été ravi de commencer l’année dernière avec les U9, d’aider aussi les U11 et les plus grands sur la préparation physique. Lors du confinement du printemps 2020, j’étais en pleine création d’activité pour pratiquer la préparation physique et la réathlétisation en indépendant, ce qui était mon principal objectif professionnel. Le contexte sanitaire et ma formation en apprentissage ont fait que j’ai dû mettre en pause cette démarche, que je souhaite poursuivre dans le futur.

Tu es impliqué depuis ton arrivée, sur beaucoup de catégories de foot d’animation, quel est ton regard sur ces catégories de formation ?

J’aime beaucoup ces catégories, ce sont des catégories charnières dans le développement des jeunes footballeurs. J’ai commencé petit à petit, j’avais d’abord eu les U9, ensuite j’ai dépanné sur les U11. Cette année je suis principalement sur les U13 et j’interviens aussi sur les U15. J’ai pris un peu d’avance sur ces catégories pour connaître les jeunes. Ce sont des catégories qui compte beaucoup d’enfants, entre 50 et 60 joueurs, c’est très important de les connaître tous. Je trouve cette formation très importante pour les enfants, c’est le démarrage, les premiers apprentissages de la vie que ce soit au niveau physique, psychologique et moral, On forme des jeunes à grandir par le foot et les activités motrices. Je trouve ça vraiment intéressant. Pour ma formation, le BMF (Brevet de Moniteur de Football), il était important de toucher à plusieurs catégories dont le foot à 8. Le projet club que je dois présenter justement est un projet sportif au sein de l’école de football. L’objectif est l’uniformisation de travail dans l’école de foot, la structuration sportive de ce pôle. Pour moi l’important est de gérer la transition entre le foot réduit et le foot à 11. Avec le club on va essayer de stabiliser ces formations d’école de foot. L’objectif est de commencer le travail en U10, garder nos joueurs jusqu’en U15 pour ensuite avoir des équipes compétitives lors du foot à 11.

As-tu une préférence entre le foot à 11 et le foot réduit ? En tant qu’entraîneur ?

Très bonne question ça, c’est difficile d’y répondre

Alors, le foot à 11, c’est tout frais donc compliqué d’avoir un avis objectif. C’est la première fois que j’ai une équipe à moi tout seul, j’apprécie énormément. À mon arrivé dans le staff, l’équipe était bien formée sur les termes techniques du foot, la discipline, les tactiques… Ce sont des ados donc il est plus difficile de les faire changer de point de vue et de vision. JP le responsable U15 a fait un excellent travail depuis le début de la saison, cela m’a beaucoup aidé et m’a facilité la tâche dès mon premier entrainement avec eux.

Sur le foot à 8 ce que je vais préférer c’est le côté apprentissage, une meilleure progression. Les petits sont hypers réceptifs, ils se questionnent sur les tactiques de jeux, les termes du football. On les fait évoluer physiquement et mentalement, pour qu’ils soient costauds dans la tête. On les aide à s’épanouir dans le foot mais aussi dans la vie de tous les jours. . La performance du terrain nous intéresse moins je dirais, surtout cette saison, on veut surtout les accompagner dans leur cheminement personnel pour bien grandir, et ça c’est particulièrement gratifiant.

Dans l’aspect coaching, pour ce qui est de la performance, compétition, recherche de résultats, je trouve plus intéressant le foot à 11. Mais sur ce qui est formation du joueur, développement des apprentissages, transmettre des connaissances, apporter du plaisir aux enfants, le foot réduit est vraiment top. Voir un gamin sur le terrain avec la banane sur le visage, il n’y a pas de meilleure sensation !

Tu passes actuellement ton BMF, quel est ton projet personnel ? Et comment s’inscrit-il avec le club ?

L’avantage avec cette formation c’est que je suis salarié du club en apprentissage. La différence avec un BPJEPS c’est qu’il s’agit d’un diplôme fédéral et non un diplôme d’État, mais de niveau 4 également, reconnu par l’état. J’interviens aussi en écoles publiques grâce à la mairie. Un de mes projets personnels serait d’essayer de développer ses activités périscolaires. Les contraintes du périscolaire sont les horaires, on intervient entre 12H et 14H et en fin de journée après 16h30, ce ne sont pas des horaires où les enfants sont aptes à se concentrer dans ces activités. L’idée que je souhaite apporter serait d’adapter les horaires et permettre aux enfants de pratiquer en milieu/fin d’après-midi, par exemple. Pas uniquement sur le plan sportif, cela peut être artistique, culturel ou musical. Je souhaite poursuive ce partenariat, ce travail avec la municipalité, pour améliorer les relations entre les différentes populations de la commune et accompagner les enfants au quotidien et les aider à devenir des bons citoyens. C’est intéressant de travailler avec différents types d’enfants, de différents milieux, il y a une grosse mixité sociale à Caluire, c’est une grande chance pour la ville, on ne s’en rend pas assez compte je crois à part au CSC je pense, le potentiel à exploiter y est très important.

D’autre part, je passe un BMF pour valoriser encore plus ma licence STAPS pour la préparation physique, afin d’être crédible pour le football, et pourquoi pas avoir une bonne carte à jouer si je veux aller dans un club à plus haut niveau, pour intervenir sur la préformation des catégories U13/U15. Mon projet à moyen terme est d’aller jusqu’au BEF, c’est le diplôme supérieur c’est le brevet d’entraîneur de football de niveau 3, si je peux le passer à l’avenir avec le CSC ce serait une grande réussite et une fierté. J’ai tout de même l’envie de rester longtemps au club, de m’investir sur le moyen-long terme, garder une main sur l’école de foot, le développement de notre sport-étude, d’avoir un peu plus de responsabilités. C’est pour ça que je souhaite rester ici et m’impliquer davantage, pour mettre en valeur mon diplôme, j’estime avoir les capacités pour développer les lacunes des jeunes et des plus petits. Mon objectif est de permettre aux jeunes d’accéder à la catégorie supérieure et d’intégrer les équipes 1 le plus rapidement possible, qu’ils se fixent des objectifs qui les motiveront à continuer le football et leur faire prendre de la maturité. Sinon à court terme, selon ce que le club me proposera en fin de saison, je relancerai mon activité indépendante de préparateur physique.

Cette saison tu étais en charge de la section sport étude du club, peux-tu nous parler de cette dernière ? Qu’est-ce que ça apporte à nos joueurs ?

Oui exactement, le sport étude est un excellent moyen pour développer le club à un certain niveau et amener les joueurs plus haut. Pour le moment, on a une plage horaire aménagée, en partenariat avec le collège ST Louis/St Bruno. Ils ont le mardi et vendredi après-midi de banalisé pour s’entraîner davantage. On essaye chaque année d’impliquer plus de jeunes. Cette année, nous avons décidé de ne faire que la séance du mardi pour l’instant.

Ce sont uniquement les U13, les 6e et 5e. On travaille beaucoup la technique, cette année ils sont 6. Je travaille en collaboration avec JP, le responsable U15, un entraineur expérimenté, j’apprends beaucoup de lui, il assure les entraînements durant la semaine où je suis en formation. Je me retrouve bien avec lui. Nous sommes également accompagnés de Ruben, en service civique cette saison, qui montre toutes ses qualités dans son travail d’éducateur et qui est motivé pour apprendre.

Pour la saison prochaine, on aimerait encore développer cette section, on espère grossir le nombre et pouvoir intégrer toutes les catégories du collège. Des U11, jusqu’aux U14, toujours dans l’idée de rajouter un entraînement technique supplémentaire à nos joueurs. Le nombre d’heures d’entraînement est grandement important pour progresser, et d’autant plus efficace en petit comité.

Quel message veux-tu faire passer aux joueurs/élèves qui souhaitent intégrer une classe sport étude avec le club ? 

Alors pour ce qui est des joueurs du club, comme je disais avant, l’objectif est de parfaire leur formation sur des points détaillés, plus ciblés. Cela permet de faire plus de travail individualisé. Être plus exigeant, développer le niveau technique. Le sport étude va apporter un entrainement plus personnalisé aux enfants. Offrir plus de possibilités de jeu aux enfants, de plus vite progresser. On va élargir la palette du pratiquant. La grande différence avec l’entraînement du club est le nombre d’enfants.

Et mes interventions à l’école peuvent aussi servir à promouvoir le football aux yeux de tous, et pourquoi pas leur donner envie d’intégrer le sport-étude.

Des équipes de football favorites ?

Alors je suis principalement supporteurs de l’AJ Auxerre, je suis né là-bas et un de mes frères m’a endoctriné avec cette équipe depuis toujours, la Guy Roux mania ! J’ai grandi avec la génération Cissé, Mexès, Boumsong, Kapo, Lachuer, Violeau… Depuis 8 ans, je vis des saisons difficiles de supporters, mais j’y crois, déjà les barrages cette année ça serait exceptionnel. Mon premier match au stade je l’ai vu dans l’enceinte mythique de l’Abbé Deschamps, c’était contre Rennes, pour la saison 2004/2005. C’était les dernières années européennes, c’est triste rien que d’y repenser. C’est vraiment un club avec beaucoup de valeurs et un centre de formation incroyable. Je crois qu’il est top 15 en Europe. Une très bonne qualité de formation. Après j’aimes bien l’OL aussi, pour la qualité de la formation, l’esprit du club et la gestion du club de Jean Michel Aulas, peut-être le plus grand dirigeant du football français sur les deux dernières décennies, quel travail effectué !

Après les équipes internationales, j’aime bien Liverpool, l’AJAX ou la Roma puis pour la formation des clubs comme l’AJAX ou le Barça évidemment.

Des hobbies mis à part le football ? 

Oui c’est global, le cinéma, la musique, des arts très divers que je regarde de près, beaucoup de rap mais je suis ouvert à tout style. La littérature ça me plaît aussi. En ce moment, je lis surtout des livres en lien avec le football ou le sport en général, et j’ai aussi quelques ouvrages sur la préparation physique et mentale, des biographies de grands entraineurs. Je suis très curieux en général, et je trouve ce genre de livres très instructifs pour mon apprentissage sur le football, sur le plan tactique, stratégique, les projets de jeu mais aussi pour la vie de tous les jours. Un petit faible depuis quelques temps, pour l’analyse vidéo et les big data dans le sport. Cela m’aide beaucoup pour gérer des groupes, une équipe. Sinon j’aime le sport en général, je suis addict au sport. J’ai déjà essayé les autres sports collectifs de ballon, mais aussi l’athlétisme, l’aviron, le ski alpin et nordique. Je suis également un adepte des grands espaces naturels, j’ai vécu longtemps à la montagne et c’est un vrai paradis pour moi, j’aime m’y balader ou même y courir, une sensation indescriptible. Je m’intéresse à la plupart des sports. Je ne veux pas me focaliser uniquement sur le football, on peut beaucoup apprendre d’autres sports.

Depuis plusieurs années, je m’intéresse beaucoup au biathlon, j’adore ça, c’est vraiment passionnant, un grand sport à suspense grâce à des figures emblématiques très inspirantes, telles que Martin Fourcade, originaire de la région de Font-Romeu d’ailleurs. Autrement, je m’intéresse aussi au foot féminin, c’est quelque chose que j’aimerais tenter à l’avenir. J’aime beaucoup les challenges et la compétition en général.

Un dernier mot à adresser à nos membres et licenciés ?

Portez-vous bien cette année, on a vécu une année difficile mais on s’adapte, et on va continuer à gravir les marches ensemble, à faire plaisir aux enfants pour qu’ils s’épanouissent le plus possible. Il faut tous qu’on avance dans la même direction pour la réalisation des projets du club. Je suis ravi d’être impliqué dans ce club et pouvoir travailler avec toutes ces personnes. En tout cas je me plais énormément au Caluire Sporting Club !

Merci Samuel !

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