Anthony de Villepré, arrivé en septembre dernier, responsable catégorie U11

Bonjour Anthony, peux-tu te présenter rapidement ?

Bonjour, je m’appelle Anthony de Villepré, j’ai 32 ans, je travaille depuis 1 an dans le service public avec la ville de Lyon. Je travaille actuellement à la piscine de Garibaldi. Avant ça j’étais dans le milieu du sport, mon projet initial était d’être salarié dans un club, je l’ai été de longues années, notamment au CASCOL, au Canada, au Liban…

Je suis né à Oullins, j’ai passé 25 ans de ma vie à Saint-Genis-Laval. J’ai énormément voyagé et j’habite à la Croix-Rousse depuis 2013.

Quels sont les clubs où tu as entrainé ?

Alors j’ai commencé dans un petit club, j’ai fait deux années à la Jeunesse Sportive d’Irigny. J’ai passé le tronc commun du brevet d’État d’éducateur sportif en 2008, après ça j’ai arrêté 1 an parce que je suis parti en service volontaire européen en République Tchèque. J’ai intégré en 2010 le FC Lyon, où j’y suis resté 3 ans. J’ai eu ensuite l’opportunité de travailler en tant que salarié avec le CASCOL, pendant 2 ans.

Je me suis ensuite engagé avec Saint-Priest, dans un staff de 5 personnes sur la catégorie U19. Je faisais de l’observation de match, mon rôle était assez limité, je devais aller voir les autres équipes, faire des analyses des futurs adversaires.

Quand je suis revenu de ce voyage, j’ai un ami, Samir Chaibeddra, qui avait un projet de faire monter les U15 de Saint-Genis Laval en élite (ancien terme désignant le niveau le plus élevé de la catégorie, désormais U15 Régional 1). J’ai donc rejoint l’équipe, on était deux brevets d’état et nous avons réussi à les faire monter et concrétiser son projet.

En août 2017, j’ai rejoint l’AS Bellecour sur l’équipe U17. La même année, Hassan Aït Tighdine m’a sollicité pour donner un coup de main sur l’école de foot de l’US Vaulx.

En cours de saison, j’ai rencontré Nicolas Possetti, le directeur sportif du club de Soccer des Caravelles de Sainte Foy (Québec City), qui me proposait un emploi en Amérique Du Nord. J’ai eu envie de découvrir cette nouvelle culture, je suis parti en mars 2018 et j’y suis resté jusqu’en mai 2019. Très bonne expérience, totalement nouvelle dans le soccer américain. Suite à ça, Claude Barberet, dirigeant à l’Olympique Lyonnais et Nicolas ont facilité la mise en relation avec Stephane Durbano, directeur sportif l’Athletico Sport Club, meilleure académie au Liban et partenaire de l’OL.  J’ai rejoint le Liban en Juin 2019, j’avais un contrat d’un an mais ça ne s’est pas passé comme je l’aurais souhaité. 

Après ma période d’essai de 3 mois, le club a mis fin à notre collaboration. Une courte expérience mais très enrichissante. Hassan Aït Tighdine m’avait dans la foulée, proposé de rejoindre le projet d’une académie en Chine, dans la ville de Binzhou. 

Cependant j’ai préféré intégrer la ville de Lyon pour me stabiliser professionnellement et j’ai coupé une saison avec le monde de l’entraînement.

Cette saison, j’ai décidé de rejoindre un projet en reconstruction et un club qui a rayonné par le passé, le Caluire Sporting Club, pour une raison de proximité avec mon domicile mais également car le club a le potentiel pour se réinstaller sur le moyen et long terme parmi les bons clubs du département.

Qu’est ce qui t’a donné envie d’entraîner ?

Avant tout, je suis un grand passionné de football. Le point de départ a été ma blessure au tendon rotulien en juin 2006. J’ai mis du temps à accepter la blessure et à m’écarter du rôle de joueur. Le rôle d’entraîneur m’a permis de vaincre cette frustration et de garder le contact avec les terrains. J’ai un esprit de compétiteur, j’aime les défis et continuer à ressentir l’approche du match était essentiel pour mon équilibre. Le Football fait vivre des moments forts. C’est une aventure humaine dans laquelle, l’entraîneur a beaucoup de choses à apporter au joueur et à recevoir des autres également. C’est une tâche fantastique, tu apprends beaucoup des autres et sur toi-même. La tactique m’intéresse, le fait de faire évoluer un joueur, rester en contact avec le terrain, le haut niveau, la performance. 

Pourquoi vouloir entrainer au Caluire SC ?

Le Caluire Sporting Club est un club que je connais très bien, que j’ai rencontré plusieurs fois. A l’époque c’était un très grand club avec notamment les U15 en élite. Si tu veux je m’étais dit un jour j’entraînerai à Caluire, et pendant le confinement j’ai eu une conversation avec Laurent (le président). J’ai trouvé que c’était une personne vraiment engagée pour le club, qui a fait toute son expérience dans ce club et le projet lui tenait à cœur. Je lui ai parlé de football, ma mentalité, ce que je percevais et j’ai tout de suite accroché, apprécié, l’idée d’un club qui redémarre, j’ai aimé ça et je me suis dit je veux faire partie du projet. Donc voilà ce qui m’a mené à Caluire. 

Qu’est-ce que tu souhaites principalement enseigner aux enfants ?

Je vais paraître classique au début de ma réponse, le respect, la solidarité, le dépassement de soi, toutes ces valeurs-là, des valeurs fortes, aussi bien des valeurs personnelles que sociales, des valeurs de groupe et de partage. Mais surtout au-delà de ça, c’est essayer d’aller puiser le potentiel chez les enfants, de leur faire comprendre qui ils sont, quelles sont leurs faiblesses, les petites choses à corriger et également leurs points forts. On dit souvent qu’il est plus important de travailler ses points forts et que les faiblesses c’est plus difficile. Mais moi je pense que chez les enfants on peut très vite corriger le tir et rééquilibrer les niveaux.

Et là où j’essaye de beaucoup appuyer, c’est sur la confiance en soi. C’est comme ça que je gère un groupe et j’aimerais que mes coachs le gèrent de la même manière, c’est-à-dire respecter les joueurs et faire en sorte que ce respect aille dans notre sens et aussi dans le sens de leurs coéquipiers. Quand on voit quelqu’un en difficulté, on va l’aider, on ne se moque pas, on est bienveillant pour faire en sorte que tout le groupe évolue dans la même direction. C’est un peu toutes ces valeurs sportives, pousser les petits à aller chercher l’excellence. Essayer d’offrir et de véhiculer de la passion chez les enfants. C’est important de s’amuser mais on vient s’entraîner pour travailler, performer et s’améliorer. J’aime accompagner les joueurs, un peu de coaching perso, si un petit est un peu faible, j’essaye de le renforcer, l’aider à développer sa personnalité, se sentir bien dans le club.

Un souvenir qui t’a marqué au CSC ?

Quand j’étais au FC Lyon et qu’on voyait les 15 ans élite qui jouaient à un meilleur niveau que nous, on les voyait arriver avec leur sac à roulettes, c’était la grande classe, j’admirais Caluire, c’était un club à fort potentiel. J’ai une très bonne image de ce club, un club bien organisé, sain, sans trop de problèmes, c’est vraiment ça qui m’a marqué dans ce club.

La complexe de la Terre des Lièvres est un super endroit, pour garer sa voiture et aller jouer au football. Avec les 2 nouveaux synthétiques qui vont voir le jour, je pense d’autant plus que nos licenciés vont passer de très bonnes saisons futures.

Des hobbies mis à part le football ?

Alors c’est plus personnel, moi j’ai toujours aimé la musique, avant j’écrivais des textes. Voyager est aussi une chose incroyablement marquante dans mon esprit, et je me suis développé à travers le voyage une passion pour les langues, notamment l’anglais l’espagnol et l’italien. Ma curiosité m’a poussé à m’intéresser à beaucoup de choses et notamment à lire des livres sur le management sur la gestion des émotions, je prends beaucoup de plaisir à regarder des reportages scientifiques ou sur le monde animal. Je m’inspire beaucoup de grands coaches, conférenciers, chefs d’entreprise… Apprendre et m’instruire de ce qui ont réussis dans différents domaines

Une autre chose, j’assiste souvent à des conférences sur le développement personnel, j’ai acheté des formations là-dessus je trouve ça top.

Des équipes favorites hormis l’OL ?

Mon club de cœur c’est l’AS Roma. 

J’apprécie d’autres clubs, comme le Celtic Glasgow, le Borussia Dortmund, le FC Barcelone, l’Ajax et Liverpool.

Je suis un grand fan de l’ambiance romaine et de la passion autour du club de la ville, j’écoute avec attention toutes les conférences de presse. 

Je suis allé les voir en 2007 à Lyon, c’était la première fois que je voyais Totti en direct. 

Je suis allé les voir au centre d’entraînement en 2009 et j’ai vu la double confrontation contre l’OL en 2017 au Groupama Stadium et au Stadio Olimpico

Un dernier mot à adresser à nos membres et licenciés ?

Je dirais qu’il faut redorer le blason, c’est la phrase qui vient à cœur, investir sur la jeunesse car elle représente l’avenir de ce club et mon choix de m’investir sur une catégorie du Football d’animation a été fait en fonction de ça.

Je pense que Caluire peut revenir au top. Je sais que ça peut prendre du temps, peut-être 3,4-5 ans, ou plus. Gagner des championnats ou à minima remonter en U15 et U17 (les catégories charnières d’un bon club de Ligue) permettra d’activer la transformation du club. 

En continuant le bon travail effectué sur l’école de Football, on devrait voir des montées d’ici 2 saisons. J’espère contribuer à ça et le vivre de l’intérieur du club. Ce sont des moments magnifiques de vivre des montées, la vibration d’être fort, la sensation d’être dans un club qui gagne. Ce sont les meilleurs moments du sport et c’est pour ça que les petits aiment le foot et le sport.

Il faut construire un projet sur la durée, ne pas se focaliser que sur les résultats, mais bel et bien sur la progression de l’ensemble de nos éducateurs et celles de l’ensemble de nos groupes d’entraînement. 

Réunir toutes les conditions du succès.

Merci Anthony !