Bonjour Mathieu
Peux-tu te présenter rapidement ?

Bonjour, Mathieu Lerussard, j’ai 23 ans. Je suis étudiant en dernière année de master, à l’école ENISE à Saint-Étienne. Je travaille en alternance chez Volvo à Saint-Priest. Je suis au club depuis que je suis arrivé dans la région, donc depuis septembre 2018. Je suis originaire de Bretagne, de Rennes plus précisément.

J’ai commencé le football à 7 ans, j’ai joué tous les postes, même gardien. Aujourd’hui, je suis arbitre au niveau national depuis septembre 2018.

Qu’est ce qui t’a donné envie d’arbitrer ?

Dans mon ancien club de Bretagne, on devait arbitrer les petits au moins une fois par mois. C’était obligatoire, on avait de petites formations. J’ai découvert comme ça et j’ai directement apprécié.

J’avais l’impression qu’il n’y avait pas beaucoup d’arbitres compétents, je le disais souvent, donc j’ai eu envie d’endosser ce poste.

Quand as-tu commencé à arbitrer ?

 A l’âge de 13 ans j’ai commencé mes premiers matchs, chez les petits(U15-U17). 

Quelle formation pour devenir arbitre ?

Alors il y a plusieurs possibilités. Sois, tu payes une formation l’été (par le biais de ton club qui te paie la formation). C’est ce que j’avais fait, dans le but de devenir officiel pour le début de saison. Ce sont des semaines intensives de formation pour acquérir les lois du jeu, il y a beaucoup de théorie et énormément de pratique. Ensuite des tests à passer.

Sinon il y a les formations en intersaison pendant les vacances, c’est encore plus condensé.

As-tu déjà entraîné ?

Non, je n’ai aucune notion d’entraînement. J’ai entraîné les arbitres du club mais sur la condition physique. Je n’ai jamais entraîné une équipe.

Quel est ton projet vis-à-vis de l’arbitrage ?

Alors j’en avais pour cette saison, j’ai bien commencé en septembre avec de très bonnes observations pour pouvoir monter, malheureusement la saison s’est arrêtée.
Donc mes projets vont surtout dépendre de mon travail, si mon entreprise me garde l’année prochaine, je pourrais continuer à officier dans la région et espérer monter de division.  

Certains arbitres professionnels combinent deux métiers, cela peut-être un projet à long terme qui pourrait me plaire. De plus, l’arbitrage est une réelle passion donc pourquoi ne pas continuer pendant un moment encore.

Peux-tu nous raconter une anecdote lors d’un match

La première qui me vient en tête, c’était quand j’étais en Bretagne, j’ai arbitré mes collègues de classe. Le problème est qu’ils me connaissaient, donc ils m’appelaient par mon prénom. L’autre équipe n’a pas apprécié. Après le match, j’ai eu la fâcheuse surprise d’avoir reçu une réserve d’après-match comme rencontre « truqué ».

J’ai également connu des envahissements de terrains en coupe de France, des pressions de la part des supporteurs à la sortie du terrain et même des vestiaires.

Quelles sont les principales qualités pour devenir arbitre ?

Alors je dirais la maîtrise de soi, c’est très important. Il faut avoir énormément de maturité, car il y a beaucoup d’acteurs à gérer. Et aussi la confiance en soi, j’ai eu des amis arbitres qui ont arrêté car ils étaient trop timides. Être seul sur un terrain avec un sifflet et être le maître du jeu, ça peut être compliqué et intimidants pour de nombreuses personnes.

Quelles difficultés peux-tu rencontrer ?

Alors déjà toutes les insultes, difficiles à supporter. Tu en prends beaucoup pour ton grade. Les arbitres sont souvent considérés comme responsables des défaites, des cartons pour certaines équipes. On est considéré comme des gendarmes. Le fait d’être stricte c’est très compliqué. Mais on est tout de même des humains avant tout et non des « robots », l’aspect caractériel humain rentre donc souvent en ligne de mire pour le bon maintien d’une rencontre.

Plus tard, tu te vois rester sur la région où retourner en Bretagne ?

Alors je n’ai pas spécialement de préférence, je me plais bien ici. Si je suis pris en CDI à Volvo (Saint-Priest) je vais rester ici, c’est certain.

Ton équipe préférée ?

Le Stade Rennais depuis tout petit !

Des hobbies mis à part le football et l’arbitrage ?

Oui je cours toujours afin de garder la forme et me préparer à une éventuelle reprise à n’importe quel moment, compte tenu de l’obligation d’avoir de l’endurance pour la fonction d’arbitre. J’ai aussi fait du tennis et de la natation. Après le foot, ma seconde passion est le ski, j’y vais tous les hivers.

Comment te sens-tu dans le rôle de référent arbitre pour le club ?

C’est avant tout un honneur d’avoir la fonction de référent arbitre au sein du club. J’ai eu la chance d’être également référent arbitre dans mon ancien club Breton.

Il est du devoir de l’ensemble des arbitres de transmettre à travers tout événement footballistique la fonction d’arbitre en elle-même ainsi que sa pérennisation car sans lui, il est compliqué de débuter une rencontre …

Davantage d’évènements au sein de chaque club de foot devraient être organisés afin de transmettre les réelles valeurs de l’arbitrage, la fonction en elle-même et sans oublier les Lois du Jeu.

Concrètement, qu’est-ce que ton expérience dans l’arbitrage apporte au club ?

Je ne pense pas avoir la prétention d’apporter directement mon expérience au club mais au contraire un accompagnement général autour de la pédagogie à adopter autour de la fonction d’arbitre ainsi qu’une connaissance et un respect des Lois du Jeu dans chacune des catégories. Avec à l’arrivée pourquoi pas, la naissance d’une vocation chez certains dans les catégories les plus jeunes voire les catégories plus âgées ! Il n’y a pas de honte à être arbitre au contraire, c’est une école de la vie que je conseille à quiconque.

Merci Mathieu !